Lors de la campagne présidentielle de 2007, les français se sont découvert un nouvel engouement pour la politique. La mise en scène de cette course à l’Elysée baptisée alors le « Château » par les médias a su trouver la manière d’attirer l’audience. Les candidats y sont pour beaucoup, chacun à sa manière a su utiliser son image pour parvenir à toucher les français. ET j’en fais partie. Moi-même j’ai été à l’affût de la nouvelle information, du geste, du discours qui pouvait nourrir n’importe quel débat politique. Une fois le Président élu mon étonnement a été de voir que cette frénésie ne diminuait pas. Nicolas Sarkozy à continuer à occuper plus que jamais le devant de la scène politique dans la presse.
J’ai donc décidé de mettre à profit mes recherches et mes analyses concernant la mise en scène du corps du chef d’Etat et son rapport à l’espace afin d’imaginer quelle trace pourrait-il laisser dans le domaine de l’architecture et de l’urbanisme à la fin de son mandat.
Chaque Président à veiller à réaliser un grand chantier qui pouvait témoigner de son passage dans la vie politique. Quel serait le grand chantier de notre nouveau chef d’Etat ?
P .S : j’en profite pour m’excuser auprès de mes proches qui en plus de digérer l’omniprésence de Nicolas Sarkozy dans les médias, doivent endurer en plus tous les jours mon obsession à décrypter tous ses gestes.
CONFERENCE DE PRESSE DU 08/01/08
La deuxième partie de la conférence consiste à ce que le Président réponde à toutes les questions des journalistes. Les conseillers du Nicolas Sarkozy dans la salle donne le micro aux journalistes qu’ils connaissent, chacun pose la question, redonne son micro. Il s’agit d’un nouvel exercice auquel se donne le Président, inédit en France, et surtout un droit de relance inexistant pour le journaliste lui aussi inédit au monde. Laurent Joffrin pose la question qui gêne, le président joue le rôle du Roi qui répond, les autres journalistes se transforment en Cour qui rit au monarque, et laisse le Bouffon (leur collègue) se prendre la gifle.
A la réponse du Président le journaliste ne peut pas répliquer « Mr le président vous ne m’avez pas répondu, ou vous avez répondu a coté », lorsque c’est souvent le cas lors de cette conférence. Il se retrouve donc en infériorité. Ici le Président répond avec violence et mépris visible par ses gestes et par les mots.
On comprend « votre question est mauvaise, retourner a l’école ». Il s’avère de plus que Nicolas Sarkozy fait une erreur historique fondamentale. La monarchie veut dire « pouvoir d’un seul », jamais la monarchie n’a intégrée le contexte d’hérédité. Certes il peut-il y avoir hérédité. Mais c’est une erreur historique et une méconnaissance à laquelle Sarkozy fait écho avec insistance sur le « Monsieur Joffrin » répété onze fois, et auxquelles les journalistes autour rient, comme une cour rit au propos d’un roi. Quand le Roi fait comprendre qu’il faut s’esclaffer, on s’esclaffe ! Le lendemain aucun média ne parle de cette gifle injuste de ce journaliste. Injuste car le président s’est trompé. Aucun n’a osé dire « le Roi s’est trompé ».
C’est comme l’histoire du bourrelet qui fut retouché dans des photographies destinées à la presse people, car le Roi doit être Beau. Les journalistes n’osent pas attaquer le monarque.
Ici sont retranscrit les propos et les gestes témoins du SarkowShow
QUESTION
Monsieur le Président, Laurent JOFFRIN de Libération.
NICOLAS SARKOZY
Non, c’est d’abord Monsieur JOFFRIN.
QUESTION
Je vous en prie. Merci monsieur le Président, bonjour.
NICOLAS SARKOZY
Bonjour.
QUESTION
Ma question est la suivante : vous occupez de manière fréquente, sinon continue, la scène médiatique, vous êtes à l’origine de la plupart, sinon la totalité, des initiatives gouvernementales, à propos du Premier ministre vous avez employé, je crois, une fois le mot de « collaborateur », et vos ministres, on l’a appris récemment, verront leur action évaluée selon des critères définis par des organismes privés, et une partie d’entre eux – je crois que ce n’est pas un secret – sont en sursis. Est-ce qu’au fond, vous n’avez pas déjà changé la Constitution ? Vous êtes le chef d’Etat ou le chef de gouvernement du monde démocratique qui détient le plus de pouvoirs. Au fond est-ce que vous n’avez pas instauré une forme de pouvoir personnel, pour ne pas dire une monarchie élective ?
NICOLAS SARKOZY
Voici une question modérée (rires des spectateurs), qui montre que Monsieur JOFFRIN (x1) de Libération est en pleine forme (rires).
Bon(petit hochement des épaules, et tête baissée du président),
il a le droit d’avoir son avis (il relève la tête…) sur la monarchie, élective.
Mais enfin, monarchie, ça veut dire héréditaire. (Il s’humidifie les lèvres et sourit)
Vous croyez que je suis donc le fils illégitime de Jacques CHIRAC qui m’a mis sur un trône ? (explosion de rires de la cour) Monsieur JOFFRIN (x2) (il incline la tête en fermant les yeux), un homme cultivé comme vous (en hochant la tête), dire une aussi grosse bêtise ! (en levant les yeux aux ciels)
Moi, (….) issu de la monarchie ? (il lève les sourcils et fixe son adversaire, en inclinant la tête, comme pour donner un coup de boule)
QUESTION
Elective.
NICOLAS SARKOZY
Ok, (il détourne son regard vers les journalistes face à lui, comme pour dire « je vous prend à témoins ») alors si la monarchie c’est l’élection, ce n’est plus la monarchie, Monsieur JOFFRIN (x3) (il le à nouveau regarde du coin de l’œil avec un sourire) … Ah non, excusez-moi Monsieur JOFFRIN (x4) (regarde face a lui), les mots ont un sens (il regarde le journaliste), ils doivent l’avoir pour vous s’ils l’ont pour moi (on voit Mr Joffrin assis rouge, de honte ? répondre « ah bon ? »). Soit c’est une monarchie, donc c’est l’hérédité, dans ce cas-là j’aimerais qu’on m’explique de qui je suis l’héritier ? Qui m’a mis – j’y viens (dit-il à Joffrin qui s’impatiente de la réponse), mais quand ça fait mal, il ne faut pas protester tout de suite, parce que ça se voit (qu’est ce qui se voit, le désaccord ?) – soit c’est l’élection et dans ce cas-là ce n’est pas la monarchie. Je n’ai volé ma responsabilité à personne (il plisse les yeux comme un dénis, un dégoût), Monsieur JOFFRIN (x5), j’ai été – élu – démocratiquement – (dit-il en levant et rebaissant les points serrés en rythme).
(il tourne complètement la tête à l’opposé, le regard au sol et dit ) Ensuite le pouvoir. Il y a une constitution (regarde le journaliste),
Monsieur JOFFRIN (x6) (sourit face aux autres journalistes, il cherche leur appui ?), parce que vous imaginez que le Général de GAULLE ne disait pas à Michel DEBRE ou à ses Premiers ministres ce qu’il souhaitait ? (et se pince les lèvres, comme s’il se retenait de répondre lui-même à cette question évidente)
Vous pensez que Valéry GISCARD d’ESTAING ne disait pas à ses Premiers ministres ce qu’il souhaitait ? (la s’enchaînent alors les questions « idiotes et simples » aux quelles le journalistes ne peut évidement pas répondre, car on lui a retiré le micro, et est donc réduit à avoir le rôle de l’ignorant) Cela a même conduit au départ de Jacques CHIRAC. Et vous pensez, pour prendre un exemple récent, que Monsieur RAFFARIN dictait sa ligne de conduite à Jacques CHIRAC ? (se re-pince les lèvres)
C’est moi qui ai inventé la Vème République ? (Il attendrait presque un « bah nonnnn » de l’assistance)
Mais Monsieur JOFFRIN (x7) (il nomme encore le journaliste en regardant les autres), c’est une obsession (plan sur journaliste assis), le pouvoir personnel, vous en parliez déjà à propos du Général de GAULLE. C’est du recyclage, Monsieur JOFFRIN (x8) . On est dans la société du développement durable (il regarde les autres, avec une expression d’un homme navré), mettez-vous au goût du jour. Vous n’avez donc trouvé que ça ? (il dit « ça » et non « cela », le president résisterait-il pas un langage familier ?) Quel pouvoir personnel ? (il se baisse un peu comme si il parlait à un enfant) J’assume mes responsabilités (fait un geste de la main et fronce le regard), je dis : c’est moi qui ai été élu, c’est moi qui porte les échecs et les succès, c’est moi qui prends le maximum de coups (sur le ton de la victimisation). Pouvoir personnel (il rit presque), mais est-ce quevous avez compté le nombre de unes que vous (s’incline en avant comme, pour chercher le rapport au corps à corps, le défis), Libération, vous m’avez consacrées ? C’est vous qui faites mon pouvoir personnel (hausse les épaules et lève les bras en l’air, comme pour dire que se n’est pas de sa responsabilité). Et qu’est-ce que c’est que la démocratie si ce n’est qu’on élit quelqu’un pour faire une politique et que cette personne qu’on a élue assumeses choix (là il regarde face à lui leur tend les bras, comme pour chercher leur soutient evident à sa définition exposée). C’est la définition, même, de la responsabilité. L’irresponsabilité – celle qui consiste à dire (il sourit, se redresse, bombe le torse et se met en jeu de rôle) : « j’ai demandé au Premier ministre, qui ne l’a pas fait, de réduire le chômage, je change de Premier ministre » – cela, ce n’est pas la démocratie. J’ai dit : moi je travaille en équipe avec François FILLON. D’ailleurs, je mets au défi quiconque de trouver le mot “collaborateur” dans un seul de mes écrits ou une seule de mes déclarations (avec l’index il pointe ça et là l’inconnu dans le public qui pourrait être démasqué). Je serais très intéressé de le retrouver. Vous devez avoir cela dans vos archives Monsieur JOFFRIN ? (x9) (dit-il en s’inclinant à nouveau comme pour parler à un enfant), (rires du public), (et oui Mr Joffrin à retrouver l’après midi même l’archive en question, mais évidement à ce moment précis il peut répondre au président), (plan sur Joffrin qui regarde, calme au sol)
Bon. (le Président regarde les autres) On fait une équipe et j’assume la part de responsabilité qui est la mienne (il hoche des épaules, s’appuie sur son pupitre et projette son buste à nouveau en avant et lance). Mais vous croyez quoi ? Que les gens m’ont élu pour que je me cache ? (c’est une évidence que non)
Ensuite le mot sursis sur les ministres. (il sourit et glisse une main dans sa poche, l’autre reste appuyée sur le pupitre) Je, (il bégaie), je ne vous retournerai pas le compliment (incline la tête et fait un mouvement de la main inclinant une révérence) . Moi, je suis toujours très sensible aux gens en situation fragile, hein ? Ils ne sont pas en sursis les ministres, ils doivent travailler. En aucun cas, Monsieur JOFFRIN (x10), je vous apprécie trop pour cela, (plan sur le journaliste, qui sourrit et fait à son tour un geste de la main indiquant, que « sans est trop monsieur le Roi le flatte) mais enfin vous devez savoir ce que c’est que de travailler dans des conditions économiques difficiles, (il fronce les sourcils) vous devez savoir ce que c’est la difficulté de trouver un lectorat, un public, d’avoir la confiance de ceux qui vous élisent ou de ceux qui vous lisent. Les ministres travaillent, assument leurs responsabilités. À force d’annoncer un remaniement, un jour vous aurez raison. (il hausse les épaules, comme une évidence) Ça c’est sûr qu’un jour il y en aura un, mais pas maintenant (il s’abaisse la tête va en avant, comme le ferait un enfant qui nargue un autre). Nous sommes une équipe qui fonctionne parfaitement bien, et je mets au défi quiconque de trouver un Président de la République et un Premier ministre (il regarde en l’air) qui acceptent tant de débats au sein du gouvernement, sans aucune crispation (le corps du président semble être détendu et détaché du moment) et sans aucun problème. C’est quand même un peu fort de dire “pouvoir personnel”, (lève la main au ciel) “autoritaire”. Quand Fadela, quand Rama, quand Bernard, (il nomme les ministres de l’ouverture en pivotant sur lui même et en regardant le sol) quand les uns ou les autres, à un moment donné, ont exprimé des différences, qu’est-ce que j’ai dit ? Rien. C’est comme cela qu’on mène une équipe, par la tolérance et par l’ouverture. Alors je sais bien que ça vous gêne, parce que l’ouverture vous n’y croyiez pas, vous pensiez que j’allais faire comme la gauche, c’est-à-dire un zest d’ouverture. Moi, j’ai demandé aux ministres de gauche de rester des femmes et des hommes de gauche,et d’être d’accord sur un contrat de gouvernement pour avancer ensemble (il fronce les sourcils). Je respecte leurs différences, ils respectent la mienne. C’est bien éloigné de toute conception du pouvoir personnel. Où voyez-vous le pouvoir personnel ? (il fronce à nouveau les sourcils) évidemment cela change : je prends mes responsabilitéśs, je les assume, et quand il y a une erreur, je paye, et je paye “cash”, mais c’est cela, la démocratie. Et dans toutes les démocraties au monde, cela existe comme ça. Et de surcroît, on va faire une réforme de la Constitution où le pouvoir de nomination du Pré́sident sera encadré, où les pouvoirs du Parlement seront renforcés et où on créera un défenseur des droits fondamentaux de la personne inscrit dans la Constitution, pour que chacun puisse faire valoir ses droits. Vous êtes bien heureux de vivre dans un pays comme cela, (il sourit au journaliste) Monsieur JOFFRIN (x11). Seulement, évidemment ce n’est pas la gauche qui le fait, c’est nous. C’est là toute la différence.
(Et termine sur une gifle au journaliste).
vidéo sur
UN CORPS DANS TOUS SES ETATS
BISES BIZ
Le corps du président traduit en image une immense opération de « dé symbolisation ». Il a les mêmes affects, éprouve les mêmes goûts, poursuit les mêmes plaisirs. Avec en plus une inépuisable volonté d’empathie : des gestes soigneusement entretenus. Le président « éprouve » et il le montre. Il embrasse ses amis, ses partenaires, il accentue les traits physiques de la convivialité : la main rapidement passée sur la joue de François Filon, en signe d’affection, aux journées de l’UMP à Strasbourg, la bise à Angela Merkel là où Chirac effectuait le baisemain, la main sur l’épaule d’Anne Levergeon, la presidente d’Areva, aux journées du Medef, l’accolade fiévreuse à Yasmina Reza le 24 avril à l’annonce des résultats du premier tour … L’attitude peut plaire. D’autant plus crédible, apparemment qu’elle rompt avec de vieilles rigidités. Il établit un nouvel univers gestuel ; corps disponible, proximité sans tension. La rupture est symbolisée par la communication naturelle. S’installe ainsi une nouvelle génération l’opposées aux notabilités guindées des pouvoirs vieillissants. Le président se veut plus sensible, jusqu’à transgresser, dans certaines effusions, les limites spatiales du corps. Cette rupture coïncide avec l’attente du grand public, à l’heure où les émissions télé battent les records d’audiences dès lors que les émotions sont exposées.
Notre nouveau président court, il jogge. Les marches de l’Elysées sont montées en short. Une séance de l’ONU peut être entrecoupée d’escapades à Central Park. Nicolas Sarkozy a un agenda présidentiel, mais son goût pour le sport y trouve sa place. Travail et sport peuvent etre réalisé en même temps. Ainsi ministres et collaborateurs peuvent l’accompagner pendant un jogging et nous démontrer que la détente peut se mêler à la besogne. Les sportifs comme Richard Virenque ou le coach Bernard Laporte ont également leur place en tant que partenaires de courses, car ces figures de performers, prouvent que le succès se doit au mérite et à la pénibilité. Chaque sortie athlétique sera bien entendue immortalisée.
Ce thème est classique pour les présidents américains. Bill Clinton plus que les Bush, ont su depuis longtemps mettre en scène, leurs joggings et leurs amitiés sportives véhiculant ainsi les thèmes de la modernité, la santé, ou l’attention de soi. Nicolas Sarkozy reprend cette image et nous montre qu’il s’entretient, qu’Il se prend en charge, et exhibe dynamisme et énergie. Cette nouvelle tâche dans l’agenda du président nous fait comprendre qu’il s’oppose en se distinguant, des bedonnants, et des inactifs.
Mais ce président qui court est davantage. Car la performance sportive devient méthode de travail. Il nous montre un Etat actif. La fièvre sportive d’un homme se propage à la fonction présidentielle. Le président n’en finit pas de bouger. Il transforme le symbole du pouvoir en un rêve d’efficacité. Courir correspond ici à un comportement ; être partout, accélérer, se démultiplier, magnifier la mobilité.
Un corps qui bouge c’est aussi une gestuelle empathique, rapide. Une gestualité du discours ce fait de mouvements tranchants. Les épaules bougent et rappellent l’impatience, les mains battent l’espace pour mieux définir l’horizon, l’index se lève, pointe pour mieux fixer l’adversaire, le poing se ferme pour affirmer une détermination. Le corps de Nicolas Sarkozy, bouillonne, explose et se contrôle pour mieux aiguiser les propos.
Dans cette immense mise en scène, c’est bien le corps qui est mis au premier plan : celui qui « souffre », « éprouve », « s’active », celui auquel nous pouvons tous s’identifier. Être « comme tout le monde », pour un président, c’est jouer avec les fragilités, révéler les immédiatetés, des surprises, d’essoufflements, des effusions, des peaux. Nicolas Sarkozy ose se montrer en transpiration. Son t-shirt est mouillé après l’effort d’un jogging, comme une chemise lors d’une visite en Corse en plein été. Le président transpire, oui, mais comme tout le monde.
PORTRAITS OFFICIELS
Les portraits officiels des responsables politiques français s’inscrivent dans une longue tradition. Dans Le Portrait du roi (Minuit, 1981), Louis Marin analyse les pratiques de la représentation du pouvoir sous Louis XIV, dont le célèbre portrait par Rigaud fournit un modèle qui sera imité par de nombreux souverains.
Le premier président de la République à adopter le portrait photographique est Adolphe Thiers en 1871, confirmant de la sorte la revendication de modernité de la IIIe République. Néanmoins, le portrait reste une représentation de la fonction plutôt que de l’individu. Ainsi cet exercice officiel de figuration, se déroule dans un cadre strict, aux variations limitées. Il impose le port de l’habit de cérémonie, un fond neutre, une pose classique. La posture debout, de léger trois quart, la main droite appuyée sur une pile de livres, s’installe dès l’origine comme la figure de style adéquate. Le format est en hauteur. Le model ne sourit pas.
Celui qui va rompre avec cette série hiératique est René Coty, second président de la IVe République. Pour la première fois, le personnage vivant s’inscrit dans un cadre réel et esquisse un sourire. La photographie humaniste est certainement passée par là.
Par rapport à cette respiration, la photographie de Charles de Gaulle, proche du portrait d’Albert Lebrun, reprend strictement les canons du genre. La différence est ailleurs: dans l’arrivée de la couleur, qui représente à la fois une innovation technique, mais aussi une manière de renouer avec la lignée des portraits d’apparat en peinture. Le choix de la bibliothèque de l’Elysée, qui peut s’analyser comme une adaptation à cette nouveauté, restera le décor privilégié des présidents de la Ve.
La vraie rupture arrive avec Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Conforme à l’esprit que veut insuffler le nouveau président, le portrait chamboule audacieusement le genre, avec la complicité de Jacques-Henri Lartigue. Pour la première fois, l’opération photographique a fait l’objet d’une attention et de choix minutieux, témoignant de la revalorisation culturelle du médium. Pour la première fois, le portrait d’un chef d’Etat est commandé à un artiste de renom, consacré par le MoMA de New York. Giscard a placé la barre haut, imposant à ses successeurs de ne pas négliger l’exercice.
Premier président socialiste de la Ve République, Mitterrand, qui a fait campagne sur “la force tranquille”, veut rassurer. Le portrait retrouve le cadre de la bibliothèque, mais le chef de l’Etat a fait un choix emblématique: celui de Gisèle Freund, intellectuelle et femme engagée autant que portraitiste des grands écrivains des années 1930. Dépouillé des attributs les plus voyants de la fonction, Mitterrand pose à son tour en intellectuel et en écrivain, assis,les Essais de Montaigne ouverts sur les genoux.
Quoique plus éloigné en apparence de ceux de ces prédécesseurs, le portrait de Chirac respecte les règles non écrites qui gouvernent désormais le genre: le choix d’un(e) photographe reconnu(e) – Bettina Rheims – et l’invention d’une variation significative, marque de la personnalité autant que du style de l’impétrant. En accord avec l’air du temps, le déplacement dans les jardins de l’Elysée est une façon habile de marquer sa différence, ainsi qu’une certaine décontraction.
En choisissant lephotographe du Loft et de la Star Ac’, Philippe Warrin, Nicolas Sarkozy rompt à sa façon l’exercice sans style. La séance se passe comme si les détails n’avaient aucune importance aux yeux de l’hôte de l’Elysée. Car la vraie nouveauté du traitement de ce portrait est son caractère expéditif: un photographe choisi parce qu’on l’avait sous la main, vingt minutes de pose, des accessoires disposés sans réflexion – tout indique que cet acte symbolique a été négligé. À la différence d’une opération de communication bien menée, un portrait officiel est une obligation qui ne peut produire aucun bénéfice politique immédiat. Il agit sur un autre registre, celui de la représentation. Cette dimension n’est pas familière au nouveau président, distancé sur ce terrain par ses prédécesseurs. Pourtant, le travail de la représentation, comme l’explique Louis Marin, est consubstantiel à l’exercice du pouvoir, qui est la transformation de la force en signes.
Un signe très fort de l’identité de notre pays, le drapeau de la France, est ici associé pour la première fois à celui de l’Union Européenne. Deux signes forts donc utilisés comme une autre personne aussi importante que le président. Leur taille et le cadrage de la photographie en font les premiers models du cliché. Portrait de drapeaux avec président plutôt que portrait de président avec drapeau.
Sarkozy est placé en recul des drapeaux, ce qui est un choix assez étrange d’un point de vue esthétique. Techniquement, cela explique pourquoi la partie blanche du drapeau est “cramé” (sans relief) car trop proche des flash. Ce détail ainsi que l’absence de réfraction de couleur ou de mauvaises ombres sur le président explique un autre choix technique : l’utilisation d’une grande profondeur de champ afin de n’avoir aucun flou dans l’image et surtout, pouvoir obtenir un drapeau net au premier plan. Peut-être que ce drapeau devait être relativement petit (et non énorme comme il semble paraître) et a été placé plusieurs mètres devant Sarkozy provoquant ainsi un agrandissement artificiel (illusion optique).
Autre point étonnant,le visage est inexpressif, fermé, les yeux presque clos ou plutôt plissés, trahissant également l’éclairage violent.
L’attitude globale de trois quart de Sarkozy est rigide. Cette rigidité est accentuée par les lignes du drapeau et les lignes verticales des livres de la bibliothèque qui pointent vers le haut. Une pose “garde à vous!”
Cette bibliothèque est un “classique” de la photo présidentielle. Utilisée par Pompidou et même Mitterrand.
Mais on remarquera que chacun, dans sa posture, véhicule quelque chose. Pompidou à le regard détourné, comme s’il veillait, l’air impérial et assuré, le menton relevé mais avec une main posée sur le bureau, un signe assez significatif exprimant la stabilité, l’assise, et la fermeté.
La photo de Mitterrand est plus décontractée, conviviale… même est assez intimiste, comme s’il levait le regard le temps d’une lecture. L’oeil est franc, vif et son visage reste ouvert (éclairage sans ombres fortes). Il est accueillant, prêt à l’écoute. Il est assis comme lors d’une discussion… L’environnement de la bibliothèque devient alors un véritable lieu de lecture, comme pour montrer son érudition.
Pour la photo du président Sarkozy, le cadrage centré et le décor net prend beaucoup de place autour de lui, et accentue sa petite taille.
Onremarquera qu’un seul livre est côté “couverture” et il est – de surcroît -positionné à la hauteur du visage de Sarkozy. Celui-ci perturbe la lecture mais pire, le motif semble dessiner de loin un… cœur près des yeux.
Les connotations “américaines” de l’image, relevées par plusieurs commentaires, proviennent en partie de la saturation chromatique et de la température de couleur chaude, très Reader’s Digest, mais surtout de la forte présence des drapeaux, accessoires familiers du bureau ovale. On notera à cet égard que l’association des étoiles de la bannière européenne avec les bandes rouge et blanche du drapeau français produit une sorte de drapeau américain en puzzle, qui n’est probablement pas pour rien dans cette impression.
La photo de Warrin montre que Nicolas Sarkozy ne sait pas encore manipuler les emblèmes de sa fonction. Ce faisant, il nous révèle qu’au plus secret de lui-même, il n’est pas (encore) président.
SARKO OU NAPOLEON
POUPEE DE CIRE POUPEE DE SON !
NEUILLY SUR SEINE LA PRISE D’ELAN
La réussite professionnelle de Nicolas Sarkozy comme il aime à le rappeler tient de son intégration. Issue d’une génération d’immigrés d’Europe centrale, Nicolas Sarkozy naît en 1955 dans le 17e arrondissement de Paris. Son père quitte le domicile conjugal quatre ans plus tard. Sa mère de Nicolas reprendra alors ses études pour élever ses enfants, devient avocate au barreau de Nanterre et s’installe à Neuilly-sur-Seine en 1973. . Neuilly est donc à la fois son « point d’arrivée » lorsqu’il s’inscrit dans ce territoire, et son « point dedépart » car il y commencera sa carrière. Pendant ces études de droit Nicolas Sarkozy adhère à l’Union des démocrates pour la République (UDR) en 1974 et y rencontre Charles Pasqua. Il devient ensuite délégué départemental des jeunes des Hauts-de-Seine. En 1976, il rejoint le Rassemblement pour la République (RPR) nouvellement créé, sous le parrainage de Charles Pasqua à propos duquel il déclare en 1983 « tout le monde sait que je suis son double ». À ses côtés Nicolas Sarkozy obtient successivement des postes important à la mairie de Neuilly jusqu’à la conquérir à 28 ans en 1983, aux dépens de son « double ». Cette ville qui réunit les éléments favorables à une promotion dans la vie politique, car elle est fréquenté par une population riche aux postes importants (être plus précis, chiffre) qui y affiche un rapport décomplexé à l’argent. Nicolas Sarkozy est plongé dans la « réussite visible » ou l’action politique est naturellement pipolisée.
Neuilly, est une ville réputée par sa qualité de vie privilégiées. L’année précédente, j’ai pu la découvrir lors d’une étude économique. Ma volonté était de comprendre pourquoi Neuilly-sur-Seine ne respectait pas la loi SRU. Cette enquête sur les différents acteurs du logement, m’a permit de saisir qui’ils’agissait d’une réelle détermination politique. L’énergie de la mairie se dépense dans le bien-être de ses neuélliens. Des habitants qui prenant leur devoir civique et démocratique très à cœur lorsqu’il s’agit de conserver la même mairie temps qu’elle veillera à maintenir ce plaisir de rester entre soi. Neuilly est une véritable communauté, où le pouvoir politique et les habitants, jouent de leur connections pour y loger l’élite. C’est une ville branchée, non seulement au sens de la mode, mais aussi au sens ou elle a la capacité de relier des pôles divers de la réussite, et elle compte bien le rester en serrant les lignes.
Mais Neuilly-sur-Seine est loin d’être une enclave, elle est un site à la fois « protégé » et « ouvert ». Car elle est dynamisée par plusieurs aimants ; l’aimant du pouvoir politique (l’Elysée) qui se trouve d‘un coté de ses frontières, Paris, et l’aimant économique de l’autre qui est La Défense.
Pour saisir le rapport de Neuilly au pouvoir politique, il faut regarder sur une carte l’axe central qui tronçonne la commune. La longue avenue Charles de Gaulle (la RN3) qui relie le pont de Neuilly et la porte Maillot est considérée comme un axe historique. Un axe qui relie en ligne droite depuis le Louvre « les monuments les plus glorieux et les quartiers les plus huppés». Se succèdent sur cet axe Nord/Sud ; le Louvre, la place de la Concorde, les Champs-Élysées, l’Arc de Triomphe de l’Etoile, l’avenue de la Grande Armée, la porte Maillot, l’avenue Charles de Gaulle qui traverse Neuilly, l’esplanade de la Défense, les tours et la Grande Arche. Neuilly est ainsi donc connectée directement sur l’Elysée, tout en aimant se rappeller que le pouvoir s’est longtemps trouvé hors de Paris, c’est à dire à Versailles et donc n’est pas sa propriété. Nicolas Sarkozy l’a compris, il faut regarder vers Paris pour prendre le pouvoir national, mais il faut aussi savoir s’en décentraliser pour ne pas se heurter aux élites traditionnelles. Le département des Hautes de Seine à ce rôle, de le rapatrier l’extérieur. L’axe historique est donc l’axe politique de Nicolas Sarkozy et Neuilly agit comme un sas entre Paris et la Défense Sa fascination sera d’abord pour les extérieurs la capitale avant elle-même, car c’est dans ce département que les activités économiques s’organisent. Des activités importantes s’y jouent pour la Région parisienne et donc pour la capitale et le pays entiers. Les Hautes de Seine sont la locomotive économique. Nicolas Sarkozy s’affaira donc à remonter les échelons, et deviendra président du Conseil général puis député de ce département de 2004 (jusqu’à la présidentielle d’avril 2007). Lors de son élection à la présidence du Conseil général des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy a lance une consultation sans précédent. L’objectif de ces Etats généraux est d’inviter chacun à choisir les priorités du Conseil Général pour les cinq prochaines années. ” La population nous a clairement identifiés comme l’échelon fédérateur et elle réclame de notre part une plus grande implication dans la conduite des projets d’aménagement et de développement du territoire “, annonce-t-il lors de la présentation de son plan d’actions le 20 janvier dernier. L’enjeu de cette politique volontariste d’aménagement et de développement du territoire départemental n’est autre que la consolidation des positions et le renforcement de l’attractivité des Hauts-de-Seine. Le 1er avril 2005, le Conseil d’Administration de l’EPAD(Etablissement Public Pour l’Aménagement de la Défense) se réuni et le désigne à l’unanimité président.
L’EPAD est un établissement public à caractère industriel et commercial chargé d’aménager pour le compte de l’État et des collectivités locales concernées le site de La Défense. Le territoire couvert par l’EPAD est une opération d’intérêt national couvrant une partie du territoire de Puteaux, Courbevoie et Nanterre à l’ouest de Paris.
Nicolas Sarkozy annonce une volonté d’affirmer les Hauts-de-Seine comme le département moteur de la croissance, de l’investissement et de l’innovation en Ile-de-France, à une période où l’activité économique de Paris donne des signes de faiblesse préoccupants pour l’attractivité de la région dans son ensemble. Il propose parmi les différents projets stratégiques, la consolidation de l’avenir du site de la Défense :
” Ce site est un atout considérable pour la puissance économique et le rayonnement de notre département ; il a désormais atteint sa maturité et nous devons veiller à ce qu’il ne décline pas, en confortant la gouvernance du site, en améliorant les performances de l’exploitation de la dalle, et en préservant la diversité des activités qui s’y déploient “.
Lancée en 1957, la Défense s’inscrit dans la droite ligne des grands projets gaulliens d’aménagement du territoire. Les 750 hectares concernés sont confiés à l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (Epad). Très vite, les premières tours sortent de terre. Et l’argent coule à flots. Des centaines de millions de francs. À cette date, le grand ménage du financement politique est loin d’avoir été mené. Les chantiers de la Défense font alors le bonheur des partis politiques des Hauts-de-Seine.
La video du projet sur:
De Gaulle avait une maison à Colombey-les-Deux-Eglises, Pompidou, Giscard d’Estaing et Chirac se rendaient fréquemment dans leurs propriétés du centre de la France. Ainsi chaque président de la République était-il associé à un lieu, pas nécessairement natal, mais résidentiel et familial. Nicolas Sarkozy a été maire de Neuilly-sur-Seine, en banlieue parisienne, une ville décisive puisqu’elle lui a servi de tremplin et d’espace intégrateur.
Jean-Marie Le Pen est breton, François Bayrou béarnais, Ségolène Royal a adopté le Poitou, la plupart des candidats sont localisables sauf Nicolas Sarkozy qui est chez lui partout et nulle part. La preuve ? On dit qu’il a tenu durant la campagne plus de deux cents meetings en province et qu’il n’a dormi que deux nuits à l’hôtel. Exagérée ou pas, cette comptabilité est hautement symbolique, Nicolas Sarkozy n’est pas l’homme d’un terroir, il refuse l’enracinement et adhère à l’ubiquité, signe de la modernité à l’heure de la mondialisation. Tout juste élu, il prend un peu de recul – et de repos - sur un yacht, c’est-à-dire un non-lieu par excellence, un bateau qui navigue entre deux terres, qui vogue d’un port à un autre, sans aucune attache. Le géographe Armand Frémont nous le confirme :
« Venu on ne sait d’où, allant je ne sais où, il court plus qu’il n’avance. Il a tout assimilé d’un système contemporain qui associe étroitement les médias, la grande consommation, les loisirs de masse, les affaires et l’expression politique. Il en est lui-même le produit. Et c’est au fond ce système qu’il propose aux citoyens comme manière d’exercer le pouvoir. Plutôt que populiste, il s’affiche people ».
En effet, depuis son élection, il ne cesse de bouger, se représente sur tous les fronts, circule dans l’Hexagone comme dans le monde entier, comme si son agitation était la preuve du mouvement qu’il souhaite incarner, celui de la « rupture ». La mobilité pour contrecarrer l’immobilisme ? Il illustre et nourrit le mythe de l’homme contemporain nomade et hyperactif. Une modernité qui contraste l’image traditionnelle du président assis derrière à son bureau dans un Palais.
Le président est un « enfant de la télé ». Cela s’entend donc d’abord comme une absence de rapport au territoire : le nouveau président fait partie des élites nomades, il n’a pas de résidence secondaire. Ce qui représente une originalité historique. Nous n’avons pas encore eu d’images du président en simple week-end dans une maison de campagne. Le repos ne semble pas être un état visible d’un homme qui travaille sans cesse. Lorsque le président veut s’éloigner de son exercice présidentiel, c’est toujours dans des lieux de divertissement qu’il se retira (visites de pyramides, à Pétra, à Eurodisney). Même durant ses vacances américaines, c’est sur un bateau qu’il pose pour des photographes. Et lorsqu’il se rend, quelques semaines plus tard, à New York avec son ministre des Affaires étrangères, c’est le joggeur qui est mitraillé par les reporters ! Un président n’aurait-il pas besoin de calme, de distance pour examiner avec sérénité l’état du monde et indiquer les grandes lignes d’une politique construite pour les futures années, abandonnant à son Premier ministre l’écume du temps court, la réaction aux événements ? Non, Nicolas Sarkozy est « sans lieu », c’est l’instant qui sert de territoire, il erre en temps réel ou du moins l’espère-t-il.
L’omniprésence de Nicolas Sarkozy dans les médias, donne le reflet d’un homme de terrain. Le téléprésident comprime le temps et l’espace et devient ainsi ce super héros capable de se téléporter. Ou par son ubiquité pourrait être l’une de ces divinités qui pouvant apparaître au même moment dans différents endroits. La télévision ignore les lieux puisqu’elle donne l’illusion d’ « être partout et nulle part », elle symbolise un monde qui entre dans l’ère des flux (de l’instable et de l’incertain) et non pas des sols (du stable et du cyclique). Le président en se rattachant à aucune région est le président de tous les Français.
La décision du tribunal est tombée. Pas de vélib’ pour les communes limitrophes de Paris, il s’arrêtera donc aux portes de la capitale
Un exemple et un des nombreux en date, d’obstacles au projet de grand Paris.
Sarkozy lors de la conférence de presse du 08/01/08 :
« La situation de l’agglomération parisienne est inacceptable, inacceptable, la dureté de la vie qu’elle impose à ces nombreux habitants, les coûts humains, les coûts écologiques, les coûts sociaux qu’engendre ses disfonctionnements ne sont pas supportables Paris doit retrouver son rayonnement, son attractivité, sa créativité. Paris doit redevenir le symbole d’un art de vivre, de la plus belle ville du monde. Que de nouveau elle étonne, elles surprennent, elle fascine. Et bien la politique de civilisation s’exprimera sur une ambition architecturale majeure en la matière. Alors naturellement tout sera fait en concertation avec les franciliens avec leurs élus, avec les maires, le conseiller régional. Maisje ne laisserai pas ce projet s’enliser. Je ne laisserai personne le bloquer. »
Avec le Grand Paris, ce n’est rien de moins que toute l’organisation des pouvoirs public en Ile de France mais aussi à travers l’urbanisme, c’est la physionomie de la capitale que le chef de l’Etat souhaite revoir. B. Delanoë maire de Paris, préfère le nom grande métropole. C’est le terme d’ailleurs employé lors des discussions entamées dès 2001 avec les communes avoisinantes. Rien de nouveau donc. Si ce n’est le contexte électoral des municipales. Le président ne voudrait-il pas alors allé plus loin que ces prédécesseurs en marquant de son empreinte la capitale tout entière ?
Pourquoi ce projet surgit-il maintenant ?
Nous sommes à la veille des municipales. Les questions sont tournées vers la ville. Devant l’absence de l’opposition face au président, Nicolas Sarkozy désigne son adversaire pour les prochaines présidentielles. Le Grand Paris est un projet qui n’est pas nouveau, et dont le chef d’Etat n’est pas l’initiateur. Bertrand Delanoë en est à l’origine. Le maire PS de la capitale planche sur le sujet délicat depuis 2001. Sarkozy s’invite aujourd’hui dans ce débat afin de mettre le maire de Paris en avant, pour mieux l’attaquer. Il le définit comme l’homme à l’origine de l’impasse qu’a prit le projet. Car Bertrand Delanoë essaie de gérer un difficile ménage à trois entre Etat, Région et commune, qui freine toutes décisions concrètes.
Si Delanoë gagne les municipale à Paris il éviterait un adversaire UMP de taille face au Président, aux présidentielles de 2012. Nicolas Sarkozy se voit battre le candidat PS aussi bien que Ségolène, en le descriditant dès maintenant ses initiatives et ses fonctions. Pour les électeurs de gauche le leader est désigné, et pour ceux de droite aussi. C’est l’une des raisons pour laquelle le président s’attaque aujourd’hui à ce chantier. En rentrant dans le débat du Grand Paris face à Delanoë il pourra l’encercler et l’emmené doucement à la défaite des prochaines présidentielles. Il veut ici faire un mécano politique et cela n’enlève rien encore à la volonté visionnaire du président et c’est bien là son côté bonapartiste « je suis visionnaire et les siècles du futur me rendront raison, maisj’ai mon petit intérêt tout de suite pour que mon pouvoir soit bien conforté. Donc pas de rival à droite avec un maire de Paris UMP, mais je veux récupérer la région pour l’étouffer pour l’encercler donc je provoque des dissensions avec des projets comme celui-ci ».
Sur le fond néanmoins, oui Paris est trop petit, oui Paris n’a pas le rayonnement d’une capitale à la hauteur de la France. La carence d’urbanisme et d’architecture est réelle. Oui Saint-Denis sera un jour le 21ème arrondissement de Paris et Neuilly le trentième, tout ça est vrai sur le fond. Mais Nicolas Sarkozy fait ici de la politique.
A chaque fois sur le ton du Service après vente, on retrouve la même chose c’est qu’il affiche toute les vertus de l’homme qui est dans son bon droit, qu’il a évidement des projets, et qu’ils sont souvent justifiés. Mais qui a toujours un bénéfice politique dont on ne peut pas l’accusé de vouloir tirer profit, mais néanmoins existe.
Le ton sur lequel Sarkozy rappelle que tout sera fait en concertation avec les élus locaux ne signifiait pas une volonté ardente. Même si le problème est réel la façon de le faire sera quand même entièrement importante et significative. Ou l’on met les différents acteurs quelles que soient leurs couleurs politiciennes, ou cela devient un petit jeu politicien?
Alors quand on l’écoute on se dit « tiens cela est très agréable, il a un grand projet pour l’avenir de paris », mais aujourd’hui rien de concret n’est encore avancé.
Un habitant sur 5 habite l’Île-de-France, Paris est un grand élément du rayonnement français c’est la destination touristique première au monde. Un président de la république ne peut se désintéresser d’un dossier comme celui-ci. Même si il est un dossier local et régional. Il est donc évident qu’il se mette à table des discussions. Il est certain aussi, qu’il a ce goût pour cette tradition des chefs d’états qui aiment à s’occuper d’un projet d’architecture. Encore faut-il voir dans quelle manière il le fait, avec quel moyen et dans quel respect des élus en place. On sent bien quel’idée de la postérité d’éventuels grand travaux ou grand shema pour Paris commence à rattraper Nicolas Sarkozy. Il commence à s’inscrire dans un temps long en se disant « oui Mitterrand a fait des grands travaux, Chirac n’a fait que le musée du quai Branly, mais quand même, qu’est ce que je vais laisser moi ? ». s’il ne fait qu’un mandat ou s’il en fait deux, qu’elle sera son emprunte physique dans ce paysage urbain de la capitale qui dans cent ans pourra faire dire au passant « tiens ça c’est grâce à Sarkozy »










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